Enfance et adolescence de Jean Santeuil

Enfance et adolescence de Jean Santeuil

Laurent Pelly et Agathe Mélinand / Pel-Mel Groupe


Marcel Proust a vingt-quatre ans. Douze ans avant le début de l’écriture de La Recherche, il commence Jean Santeuil, il y travaille cinq ans mais laisse le livre inachevé, mille fragments retrouvés et édités trente ans après sa mort.
Jean Santeuil est un livre étonnant, touchant, un peu comme un essai sur le sujet. Proust, écrivain de l’intime, se dévoile et pose les thèmes.


Si Jean Santeuil ne s’est pas encore longtemps couché de bonne heure : Le moment d’aller se coucher était tous les jours pour Jean, un moment véritablement tragique et dont l’horreur vague était d’autant plus cruelle.
Si Jean Santeuil va aux Champs-Élysées, ce n’est pas encore pour y retrouver Gilberte mais pour courir, éperdu d’amour, vers Marie Kossichef : Il avait fait la connaissance d’une jeune fille russe avec de grands cheveux noirs, des yeux clairs, des joues roses qui brillaient de cette santé, de cette vie, de cette joie qui manquaient à Jean. Maman, maman, tu es là, approche-toi je veux t’embrasser, maman, ma petite maman !
Jean Santeuil est comme le « Je » de La Recherche, il aime sa mère d’un amour passionné, étouffant.
Jean Santeuil est nerveux : Pas aux Champs-Élysées, s’écria Jean avec fureur, pas aux Champs-Élysées ? Si, j’irai. Et bouillant : Je ne la verrai plus, s’écria Jean, je ne la verrai plus, canailles que vous êtes tous !…
Jean Santeuil est adorable.
Il passe ses vacances à Illiers où, à Pâques il fait si froid avant que les aubépines ne fleurissent et que, dans les belles journées de l’été, on ne parte en promenade après le déjeuner, il rencontre au lycée, Henri de Réveillon. Anselme, tu ne m’as pas encore dit ce que tu penses du nouvel ami d’Henri ?
Jean et Henri ont l’amitié inconditionnelle, délicate, sérieuse, passionnée. Elle s’épanouit au château de Réveillon entre parterres de roses, écriture, lectures et promenades d’après déjeuner. Cependant la duchesse n’aime pas recevoir.
Jean Santeuil est moins intimidant.
Moi, il me fait rêver au jeune prince persan aux grands yeux de gazelle, aux paupières alanguies ; respectueux, onduleux, caressant, inquiet, quêteur de délices, pour qui rien n’était fade ; irrité des entraves que la nature met aux tentatives de l’homme – surtout de l’homme qu’il était, si frêle – s’efforçant à convertir en quelque chose d’actif le passif qui semblait son lot ; tendu vers le plus, le trop, jusque dans sa bonté charmante.
Le Marcel Proust de dix-huit ans.
Agathe Mélinand


D’après Jean Santeuil de Marcel Proust
Adaptation et réalisation Agathe Mélinand


Avec Christine Brücher, Louis Bussière, Emmanuel Daumas, Quentin Dolmaire, Benjamin Hubert, Eddy Letexier, Catherine Mouchet, Fabienne Rocaboy


Scénographie Barbara de Limburg
assistée de Claire Puyenchet
Assistant à la mise en scène Benjamin Hubert
Vidéo Sébastien Sidaner
Lumières Michel Le Borgne
Son Joan Cambon
Costumes Agathe Mélinand, Nathalie Trouvé
Accessoires Jean-Pierre Belin, Claire Saint-Blancat
Réalisation des décors Ateliers du TNT
sous la direction de Claude Gaillard

Production TNT – Théâtre national de Toulouse


Photos : Polo Garat